PLASTIQUES ET COMPOSITES DANS LES VEHICULES RENAULT
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L’HISTOIRE DES BOUCLIERS DE LA RENAULT 5
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Pierre Roubinet, avril 1998

1 - LE REMPLACEMENT DES PARE-CHOCS EN ACIER PAR DES BOUCLIERS EN PLASTIQUE: UN EXEMPLE D’INNOVATION REUSSIE CHEZ RENAULT

Georges Vian disait qu’une innovation ne pouvait être considérée comme réussie que si elle était copiée par la concurrence dans les deux années qui suivaient sa présentation au public.
De la prise directe aux moteurs de Formule 1, en passant par les outils au carbure de tungstène, les machines transferts et l’Unisurf, les innovations réussies chez Renault seraient trop longues à énumérer.
Nous allons parler ici d’une innovation que nous connaissons bien pour y avoir participé au sein d’une petite équipe animée par un jeune chef de projet, Philippe Bourguignon.
Il s’agissait d’un nouveau concept de protection contre les petits chocs pour la future R5 dont le nom de code était 122. Des boucliers en plastique allaient pour la première fois apparaître sur un véhicule automobile.

Le matériau retenu, constitué de mats de fibres de verre imprégnés de résine polyester, avait été mis au point avec le concours de la Direction des Recherches de Pechiney-Saint-Gobain. Ce nouveau matériau avait fait l’objet d’une expérimentation sur 5000 tablettes AR R4 moulées à l’Usine de Choisy. Son application au moulage de boucliers en grande série constituait là aussi une innovation.

Comment est née l’idée des boucliers plastiques pour la R5?
Nous allons vous donner notre version, telle que nous l’avons vécue.

2 - ORIGINE DE L’IDEE DES BOUCLIERS

Fin 1967 le style de la 122 n’était pas encore arrêté. La maquette avec des pare-chocs traditionnels en acier chromé ne plaisait guère à Gaston Juchet. L’ensemble était banal, comparé à l’autre maquette* que Michel Boué avait préparée avec des boucliers intégrant les jupes, les feux, les ouïes de refroidissement du moteur, la plaque de police, et dont les extrémités rejoignaient les passages de roue.
L’ensemble était homogène, original et sympathique.
C’est l’absence d’éléments agressifs (pas de barrettes ni de butoirs) qui a amené Gaston Juchet à adopter le terme « bouclier » pour ces nouveaux éléments de protections AV et AR.

L'emploi de la tôle d’acier pour les boucliers a été envisagé, mais les Méthodes Tôlerie ont jugé ce projet irréaliste, les pare-chocs ayant leur préférence.

* M.Goupy se souvient avoir informé C.Prost Dame de l'intérêt d'utiliser les propriétés mécaniques des préimprégnés dans des pare-chocs. Mais les chiffrages étant défavorables, ce dernier aurait demandé à G.Juchet de voir s'il serait possible d'intégrer plusieurs fonctions dans des grands éléments de protection avant et arrière.

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