PLASTIQUES ET COMPOSITES DANS LES VEHICULES RENAULT

Documents

D.L.A. - S.0854 - M.GOUPY/YM Le 14 novembre 1979. NOTE DE SERVICE N° 4263

ÉVOLUTIONS POSSIBLES DES MATÉRIAUX ET PROCEDES AU COURS DE LA PROCHAINE DÉCENNIE

Une conjoncture peu favorable, la faible croissance attendue du P.N.B. et une compétition toujours plus féroce conduisent actuellement les principales Sociétés du secteur chimique au souci de rationaliser les objectifs fixés pour la recherche, de faciliter les transferts vers le développement et de mettre l'accent sur ce secteur en lui donnant même une certaine priorité sur la recherche de base. Les objectifs des recherches vont donc être ajustés aux besoins économiques à moyen et même court terme avec une précision croissante et, corrélativement, les recherches sans retombées directement prévisibles seront réduites ou supprimées.
Un exemple typique de cette nouvelle attitude est le refus d'une Société de l'importance de Bayer, de s'intéresser aux fibres de carbone même sur le seul plan de la prospection technologique tant que des domaines d'application laissant espérer une rentabilité n'apparaîtront pas.
Il en résulte que les principaux fabricants de polymères s'accordent pour dire que la prochaine décennie ne verra pas apparaître de polymères nouveaux susceptibles de déplacer fondamentalement le marché. C'est par exemple en Angleterre "Impérial Chemical Industries" qui, comme beaucoup d'autres Sociétés, exprime cette opinion au niveau de sa Direction des Recherches et Développements de la Division Matières Plastiques et prévoit que ses efforts devront être consacrés à l'amélioration des matériaux existants, pour en déduire des gammes de produits nouveaux, plus spécialisés et mieux adaptés aux besoins du marché, en cherchant à les réaliser par des procédés de fabrication plus économiques.
Dans un article récent, le Dr MADDEN, Directeur de la Recherche et du Développement, a d'ailleurs précisé qu'en dehors de travaux de base sur les catalyseurs, par exemple (amélioration des procédés de fabrication, retombées possibles des développements nouveaux de la biochimie), l'accent serait mis sur la compréhension des relations entre la structure des polymères et leurs propriétés physiques, ainsi que sur le développement des connaissances physiques et chimiques des combinaisons polymères-charges, dans le but d'améliorer les propriétés et de réduire les coûts.

Cette évolution de la recherche scientifique vers la recherche technique devrait entraîner un glissement de la recherche de matériaux et de procédés de base nouveaux vers des produits nouveaux obtenus, pour une grande part, grâce à l'amélioration et l'optimisation de produits existants et de leurs combinaisons entre eux ou avec des charges avec des produits de renforcements, des additifs correcteurs de telle ou telle faiblesse, etc... l'idée conductrice étant à tout moment l'adéquation d'un produit nouveau à un besoin nouveau dont la satisfaction puisse être valorisée économiquement.
La pénétration des matériaux nouveaux dans l'Industrie ne se fait d'ailleurs que relativement lentement si l'on songe par exemple que les premières résines polyesters ont été étudiées en 1847, Leur emploi par polymérisation en présence de styrène a été cité en 1938 et les premières fabrications de produits de ce genre pour moulages en France datent de 1952, avec des retombées dans l'Industrie Automobile vers 1956 - 1959 (pavillons Citroën DS et Renault Estafette, carrosserie Ondine, Étoile Filante, etc.) Vingt ans après nous en sommes encore au stade des tentatives pour l'industrialisation d'applications en pièces de carrosserie !
I1 en est de même par exemple dans le domaine des adhésifs, les premières études sur les groupes époxydes remontant à 1860. Les retombées pour leur emploi en masses adhésives et masses plastiques datent de 1934 et les premiers produits vraiment commerciaux n'ont été mis sur le marché qu'à partir de 1946. Depuis plus de 30 ans qu'elles existent, les résines issues de la famille des époxydes n'ont pas encore fini d'évoluer et les travaux de développement pour leur emploi dans les assemblages de pièces de carrosserie se poursuivent.
On conçoit donc qu'il reste encore d'immenses possibilités d'exploitations nouvelles pour les matériaux de base connus de l'Industrie Chimique.

En ce qui concerne les applications plus spécifiques du marché automobile, il apparaît nettement que les impératifs économiques nouveaux liés aux problèmes de l'énergie devraient favoriser une croissance notable des débouchés pour les polymères organiques. Le concept récent d'accepter de "payer" un certain prix pour le kilogramme d'allègement ouvre des portes qui, jusqu'ici, étaient hermétiquement closes.
Que peuvent être ces nouveaux débouchés ?
Le défi majeur qui reste à relever est celui de la concurrence de la tôle d'acier utilisée pour la fabrication des carrosseries.
A cet égard, les matériaux qui doivent évoluer sont, entre autres :

- les polyesters insaturés renforcés par des fibres et moulés par compression ou transfert, avec pour objectifs principaux :

- les résines renforcées moulées par coulée (R.R.I.M.) :

- certains polymères ou combinaisons de polymères moulés par injection :

- Les thermoplastiques "emboutissables" (ou mis en forme par compression) :

- Le domaine des pièces d'équipement est également susceptible d'évoluer, en particulier pour les éléments suivants : 

- Dans le domaine des procédés de mise en oeuvre des matières plastiques :

CONCLUSION

Le développement des emplois des matériaux organiques pour la prochaine décennie doit être vu sous un angle particulier par le Constructeur Automobile.
En effet, sa vocation n'est pas :

Par contre, son action peut être déterminante :

Les évolutions à venir peuvent donc être considérables, mais leur rapidité dépendra étroitement des moyens qui pourront y être consacrés.

M. GOUPY.

Retour à Documents