PLASTIQUES ET COMPOSITES DANS LES VEHICULES RENAULT

Historique

4 - Les plastiques dans le modelage et l'outillage (1948-1975)

4.1 - Le modelage

Dès 1948, les premiers essais de fabrication de reproducteurs d’un pavillon en polyester sont effectués dans une salle du rez-de-chaussée du bâtiment A à Billancourt et provoquent une alerte aux gaz dans les étages par suite de l’odeur inhabituelle du styrène! Un atelier est alors installé à l’Usine O où sont développées à partir de résine époxy les premières applications destinées aux outillages de carrosserie et de fonderie.

Comme aux USA, les références en plastique ont remplacé avantageusement les "cerrobends" utilisés depuis 1947. Le cerrobend, alliage de plomb-étain-bismuth, connu également sous le nom d'alliage de Darcet, a un point de fusion de 72°C, ce qui permettait de le mouler, non sans difficulté, sur les maquettes en acajou. Son armature métallique en faisait des références difficiles à manutentionner (5 tonnes pour le pavillon de la 4 CV). Son manque de dureté lui faisait subir des déformations lors de son utilisation sous presse à présenter. Il n'était pas possible de le modifier. Avec les plastiques, les références étaient légères et on pouvait les modifier localement. De plus, la possibilité de tirer des mâles dans les femelles ouvrait de nouveaux moyens d'améliorer la précision des pièces.

Vers 1964, les maîtres-modèles eux même étaient réalisés en "chocolat", surnom du à la couleur d'une résine éthoxyline chargée de microbilles phénoliques. Contrairement à l'acajou de l'Honduras qui, même coupé depuis dix ans, joue au printemps, le plastique reste dimensionnellement stable et, n'ayant pas de fil, se travaille facilement. Cependant, les modeleurs regrettaient la bonne odeur des copeaux de vrai bois.

Puis, les références ont perdu de leur importance par suite du développement de l'usinage numérique des outillages: un progrès dans un domaine où Renault a été en pointe grâce aux travaux de Pierre Bézier, en dépit de la faiblesse numérique de l'équipe qui a collaboré au développement d'un système (Unisurf + Surfapt) dont la valeur est reconnue dans le monde entier.
Il va de soi que les autres constructeurs ont suivi une évolution parallèle, tout en utilisant des méthodes de construction différentes.

4.2 - Les outillages de presse

Le plastique n'a été utilisé que pour des outillages: d'expérimentation, de validation ou de petites séries.
En 1953, il a été réalisé un outillage d'emboutissage de demi-coquille de silencieux Frégate en phénolique. La production totale de cet outil n'a été que de 12000 pièces.
Par contre, la réalisation en stratifiés d'éléments d'outil non travaillants (élévateurs en fond de matrice par exemple) a été assez utilisée.

A l'atelier de développement des Méthodes carrosserie, les outillages en béton de plastique sont systématiquement utilisés à l'emboutissage des pièces destinées aux voitures de série de confirmation. Les pièces obtenues sont plus proches, au point de vue résistance et comportement, des pièces de série que celles obtenues par soudure d'éléments formés à la main. D'autre part, les observations faites sous presse confirment la valeur de la conception de l'outillage prévu pour la production en série et évitent toute surprise de ce coté.

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